Chine Part 2 : A la découverte de Getu et Yangshuo

grimpe en Thaïlande

Chloé & Colin
par l’écume des parois
@ecumedesparois
insta > ecumedesparois

Après avoir passé près d’un mois dans la province du Yunnan (voir article Part 1), nous voilà repartis en direction de Getu, minuscule village de la province de Guizhou.
La vidéo du Petzl Roctrip de 2011 là-bas nous avait fait rêver, et nous n’avions qu’une envie, découvrir ce lieu qui paraissait magique !riche et étonnante.

Getu

Départ de Shigu, taxi pour la gare de Lijiang (crevaison), train pour Kunming (petite berceuse), changement de gare en métro, train express pour Anshun, bus pour Ziyun, voiture pour Getu (négociation intense) : après de longues heures de voyage, nous arrivons enfin !
Plusieurs personnes rencontrées en Chine nous avait fait part de leur étonnement quand nous évoquions notre prochaine étape ici,
« Vous allez à Getu ?! Mais plus personne n’y va ! Ce n’est plus ce que c’était. »
Nous décidions d’en avoir le cœur net et de voir par nous-même ce qu’il en était. Nous arrivons au cœur d’un décor rural, entre montagnes et rizières. Le village paraît presque abandonné, avec de nombreux bâtiments vides et délaissés, mais nous retrouvons la « Petzl Guesthouse » où nous nous installons. C’est une des premières maisons sur la gauche en arrivant, avec des drapeaux de tous les pays du monde et une banderole Petzl flottant à l’entrée. La Guesthouse est en travaux mais nous pouvons quand même occuper une des chambres supérieures donnant sur le grand toit terrasse.

Petzl guesthouse Getu

Contents de trouver la Petzl guesthouse apres ce long voyage.

Première journée sur place, nous partons à la découverte des spots d’escalade. Ils sont nombreux autour du village, tous accessibles en 30 à 45 minutes à pieds.

Ils sont organisés en trois zones :

  1. La zone A, quand on entre dans la vallée, qui regroupe des secteurs avec de très belles voies
    principalement dans le 6 et le 7, techniques à Fish crag ou en dévers à Wawan’s cave,
    Rastaman crag et Oliver’s crag.
  2. La zone B, les falaises les plus proches du village, avec notamment Banyang’s Cave qui sera
    un de nos secteurs préférés.
  3. La zone C, à l’extrémité du village, avec la Grande Arche.

Topo PDF

Getu fut découvert par Olivier Balma (guide basé à Hong Kong), et des centaines de voies ont été équipées en 2011 à l’occasion du Petzl RocTrip. Il y a des voies pour tous les styles, tous les niveaux, et toutes les orientations.
Nous commençons notre découverte des lieux par la zone A et le secteur Fish Crag. C’est un mur vertical avec de longues voies assez techniques. Mention spéciale pour «Gambei » (7c+).

Fish crag Getu

Vue depuis Fish crag sur la vallée et les nouvelles infrastructures

Le lendemain, nous nous rendons à Banyang’s Cave. Il faut traverser le village de Banyang, longer les différentes terrasses cultivées et champs, et continuer pour atteindre la falaise.
C’est certainement un des secteurs qui nous a le plus plu, tant par la qualité des voies trouvées, que par son éloignement des infrastructures touristiques.

Dans la partie gauche du mur, de nombreuses envolées de 30/35m sur stalactites autour du 7c : « King Cobra », « Flying Tufa », « Queen Cobra », « Free Max », « Can’t Stop Rock n’ Roll», « Six Months Work » and « Loco de Noodles ».
Et sur la droite, un beau mur en léger dévers avec des 8a et 8b de toute beauté, notamment « Ki Di Buzz » qui nous faisait de l’oeil mais que nous n’avons pas eu le temps d’essayer.
Après ces belles premières découvertes, nous avons gardé le meilleur pour la fin ! Nous sommes là pour la Grande Arche !
A l’extrémité du village (cul de sac), un porche d’accès énorme permet d’accéder dans l’enceinte du parc naturel. Nous apercevons alors les plus importantes formations calcaires grimpables de Chine.
Ce sont deux arches surnaturelles posées l’une au-dessus de l’autre, mais l’escalade se fait principalement dans celle du haut. Il faut traverser la rivière en petit bateau, puis gravir les 1500 marches qui permettent d’accéder à l’arche. De quoi faire chauffer nos mollets!
L’arche du haut est gigantesque, près de 70m de large sur 140m de long (dixit le panneau posé à l’entrée). Le calcaire est très sculpté, parsemé de trous de toutes tailles et de stalactites.
La vue est magnifique, elle surplombe la rivière de Getu avec de nombreuses montagnes en fond.
La Grande Arche est vraiment exceptionnelle, c’est tout simplement surnaturel et magique !

calcaire deux arches Getu

Le calcaire sculpté des deux arches

Il y a de nombreuses couennes sur les côtés de l’arche. Les voies sont truffées d’alvéoles, mais elles sont souvent trompeuses ! Le plus souvent lisses, il faut user d’équilibre et ne pas hésiter à les prendre en inverse pour réussir à avancer. Nous avons particulièrement aimé «Autochtono » (7c+) et ses voisines la « Piscineta cina » (7b+) et « Dunman » (7a).
Il y a peu de passage et les voies sont très poussiéreuses, rendant le « à vue » assez complexe …

Chloe dans la « Piscineta cina » (7b+)

Chloe dans la « Piscineta cina » (7b+)

Également, des grandes voies dans son plafond, comme les kinglines « Corazon de Ensueno » (240m, 8c max) ouverte par Dani Andrada, « Lost in Translation » (180m, 8a+ max) ouverte par Arnaud Petit et Stephanie Bodet, « Nihao Wokepa! » (180m, 8a max) ouverte par Tony Arbones et Marcos Costa.
Et surtout, nous sommes arrivés pile après le départ d’Edu Marin. L’espagnol a passé plus de six mois à Getu pour son projet phénoménal : l’ouverture et l’enchainement de la grande voie la plus dure du monde, « Valhalla », qui parcourt tout le plafond de l’arche (9a+ max).
Officiellement, l’escalade n’est plus autorisée dans la Grande Arche, mais personne ne nous a dit quoi que ce soit pendant nos trois journées là-bas. Nous avons quand même payé l’entrée du site pour pouvoir nous y rendre (sans mentionner que nous allions y grimper…).

Dans la Grande Arche

Dans la Grande Arche

En tout cas, y’a pas à dire, on est bien tous seuls ! On nous avait prévenu, ça se confirme. Malheureusement, l’escalade qui était en pleine expansion après le RocTrip s’est vue freinée. L’évolution rapide de Getu en fait un site de moins en moins fréquenté par les grimpeurs. Le lieu s’est construit à l’entrée de la vallée pour essayer de devenir une destination touristique de premier ordre : fausse muraille de Chine, fausse entrée de château, énorme complexe touristique, et même un gigantesque mur d’escalade (sans prises, sauf une fois par an lors de son utilisation pour une compétition), etc.
Ce développement a été massif et rapide, trop rapide et démesuré même, comme les chinois peuvent parfois le faire. Cependant, le succès attendu n’a pas pris, il n’y a donc aucun tourisme de masse et le village et les secteurs de grimpe sont préservés mais le charme en pâlit un peu.
Getu reste un site exceptionnel, au cœur de la Chine rurale, que nous pouvons que vous conseiller de visiter un jour. Après quelques jours, départ pour Guiyang en voiture où nous prenons le nouveau train rapide pour Yangshuo !

Yangshuo

Ça y est, il ne nous reste que quelques jours à passer en Chine. A force de prolonger notre séjour dans tous les endroits incroyables que nous avons eu la chance de visiter, nous n’avons plus que trois jours pour profiter de Yangshuo.
Mais pourtant, Yangshuo c’est un peu la Mecque de l’escalade en Chine non?!
Pas de panique, nous avons fait ce choix parce que ce n’est pas la bonne saison pour Yangshuo, il pleut tous les jours, il fait chaud et humide.
Nous avons donc préféré découvrir l’endroit mais réserver l’escalade pour une prochaine fois. Yangshuo est située entre la rivière Li et la rivière de Yulong. C’est une région de roc et d’eau. Les paysages sont spectaculaires avec des karsts, petites montagnes abruptes du sud de la Chine, sortant de nulle part, à perte de vue.
Contrairement à Getu, c’est une région extrêmement touristique.
Yangshuo est le plus gros spot d’escalade de Chine avec plus de 900 voies, et la communauté de grimpeurs est importante. Nous retrouvons plusieurs copains rencontrés à Shigu, dont Vivi, qui sera notre guide pour ces quelques jours à Yangshuo.
Le vélo ou le scooter électrique sont les principaux moyens de transport pour visiter Yangshuo. Nous louons un scooter et partons faire le tour des falaises. C’est superbe de se balader entre les sites de grimpe, dans ses paysages au relief et à la végétation florissante.

En route vers Leipi Shan avec Vivi

En route vers Leipi Shan avec Vivi

Nous flânons sur les routes mouillées pour découvrir les secteurs Leipi Shan, Riverside et White Mountain. Les deux premiers sont assez petits avec de belles voies dures, et White Mountain est un des plus gros secteur avec une cinquantaine de voies, organisées du plus facile au plus dur, de droite à gauche.
Et bien-sûr nous ne manquons pas d’aller voir Moon Hill. L’arche est malheureusement fermée à la grimpe, sauf au moment du festival d’escalade en novembre. La situation va peut-être changer selon Andrew l’auteur du topo. Affaire à suivre…

Nous avons été émerveillés par la Chine ! Que de découvertes, que de rencontres, que de spots incroyables et de paysages magnifiques !
Après plus d’un mois en Chine, nous avons eu un aperçu des principaux sites d’escalade du pays, mais il y en a d’autres! La grimpe est en pleine expansion, et le potentiel d’ouvertures et de falaises encore inexplorées dans cette partie du globe est énorme.
On reviendra c’est sûr, il reste tellement encore à voir et à grimper !
Nous finissons notre périple asiatique par Hong Kong où nous retrouvons notre ami Thomas. Là encore nous ne grimpons pas mais allons voir la fameuse montagne Lion head où de nombreuses voies d’escalade résident. La vue sur la ville est imprenable. Nous traînons nos sacs jusqu’à l’aéroport afin de quitter le continent asiatique pour une nouvelle aventure : l’Australie.
A nous les kangourous !

Vue sur Hong Kong depuis Lion Rock avec Thomas

Vue sur Hong Kong depuis Lion Rock avec Thomas

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