Australie part 3 : Blues Mountains, Nowra & Point Perpendicilar

par Chloé et Colin

Après quelques jours de repos bien mérité à Melbourne, où nous avons retrouvé des amis français qui commençaient un road trip en Australie, il est temps de continuer notre périple.
Prochaine étape, nous souhaitons rejoindre la région de Sydney.
Plusieurs options s’offrent à nous, plus longue par la côte, ou plus directe par l’autoroute qui traverse les terres. Une fenêtre météo d’une dizaine de jours avec grand soleil se présente. Nous choisissons la deuxième option et décidons de filer vers les Blue Mountains !

Les Blue Mountains 5000 voies d’escalade sur 55 secteurs

Situées à seulement 65 km de Sydney, les Blue Mountains sont magnifiques !

les Blues Mountain

Coucher de soleil sur les Blues Mountain red.

Des falaises de grès sortent de forêts d’eucalyptus à perte de vue. Le nom du lieu vient de la brume bleutée qui provient de l’évaporation de l’huile des eucalyptus et qui stagne dans la vallée.
C’est le plus gros spot d’escalade d’Australie ! Plus de 5000 voies réparties sur 55 secteurs, sur une distance de 40km ! Il y a de quoi faire ! Et des nouveaux secteurs sont découverts continuellement, le potentiel est encore énorme.

A notre arrivée dans les Blue Mountains, nous sommes début juillet, c’est le cœur de l’hiver et il fait bien froid. Les températures sont parfois négatives la nuit mais heureusement ça se réchauffe bien la journée avec la puissance du soleil australien.
C’est l’hiver austral ! Les « Blueys » (surnom du lieu par les locaux) se situent à 1000m d’altitude donc ça grimpe toute l’année même s’il peut faire froid l’hiver et chaud l’été. Il y a des secteurs pour toutes les orientations, tous les styles et tous les niveaux.

Blue Mountains : secteur Shipley

Premier jour : quelle n’est pas notre surprise en arrivant sur le parking, il est bondé !! Et ce n’est même pas le week-end, nous sommes mardi. Rien à voir avec les Grampians!
Nous découvrons un sympathique secteur, avec de nombreux grimpeurs, mais il y a des voies en abondance donc on ne se gêne pas.
Shipley Upper fait le bonheur de Chloé. De belles voies verticales et techniques avec une farandole de réglettes sur du grès orangé.
On touche au rocher bien abrasif des Blueys et à ses nombreuses réglettes avec

  • « Lardy Lady’s Lats » (22, 6c+)
  • « Mental mantle » (23, 7a),
  • « Language of desire » (24, 7a+),
  • « Loop the loop » (25, 7b)
  • « Supercal… » (26, 7b+).

On reviendra se frotter aux voies plus dures qui nous fond de l’œil,

  • « Equaliser » (28, 7c+)
  • « Decodyfier » (29, 8a).

Le lendemain, nous nous dirigeons vers Diamond Falls proche de Katoomba, un secteur assez mythique avec de belles voies pour l’echauf et les voies les plus dures du coin.
Mais nous nous faisons surprendre par un facteur que nous avions négligé : le vent !!
Du soleil est annoncée tous les jours mais le vent peut souffler jusqu’à 70km/h. Autant vous dire que si l’on n’est pas abrité, ça swing sévère !
On commencera à grimper sur la gauche

  • « You crazy diamond » (23, 7a)
  • « 8 Carat » (25, 7b)

mais le vent nous empêchera de se mesurer à « Mr Magoo » (27, 7c) et « Airline 2000 » (28, 7c+) pour lesquelles nous étions venus.
Nous devons donc choisir des secteurs de préférence au soleil et protégés du vent.. ça réduit les possibilités ! Et Diamond Falls a malheureusement la même orientation que Shipley, qui prend le vent de plein fouet, à éviter donc pour les prochains jours.
Contrairement aux Grampians, les Blue Mountains sont beaucoup moins sauvages.
Les spots ne sont jamais loin de la civilisation. Les sympathiques villes de Katoomba et Blackheath offrent tout pour travailler, se ravitailler et flâner. Ce qui explique le monde du premier jour, une grande communauté de férus du rocher est présente toute l’année, et quand les conditions sont optimales les grimpeurs en profitent.
Nous aimons nous réfugier au coin du feu du sympathique café « The Yellow Deli » à Katoomba après ces journées hivernales. Ou faire des séances de muscu chez Elliot, un ami australien rencontré à Liming en Chine.

Blue Mountains : secteur Bell et Bowen’s creek

Pour éviter ce vent continuel, nous partons à la découverte d’autres secteurs après Blackheath. En quittant la route principale vers la droite, on se dirige vers Bell où l’on trouve plusieurs secteurs le long de la Bell’s line.

Bowen crag

Chloe dans une voie a Bowen crag ©Aurele Bremond

On a particulièrement aimé les secteurs Bell (du même nom) et Bowen’s creek.
Ils sont peu fréquentés parce qu’ils ont une des marches d’approche les plus longues des Blueys, mais rassurez-vous, c’est une demi-heure sur un chemin bien agréable avec presque aucun dénivelé!! On en a vu d’autres !

C’était le parfait choix météo, nous y étions protégés du vent et au soleil toute la journée ! Même en plein hiver on y grimpe en t-shirt !

Bell est le secteur à ne pas manquer ! Il s’organise avec des falaises en face l’une de l’autre, une en plein soleil et une plein ombre donc on recommande peu importe la saison ! Et il y a des faces abritées de la pluie donc ça grimpe par tous les temps.

Secteur Bell au Blueys

Colin dans Mr Redeemer, Secteur Bell au Blueys

On y trouve des voies de styles verticales au Duck wall où l’on recommande

  • « Pluck a duck » (24, 7a+).
  • pour s’échauffer, « Searching for the light » (23, 7a)
  • pour continuer dans un léger dévers « The reality disfunction » (25, 7b).
  • bien déversantes mais prenant le soleil jusque tard « Mr Redeemer » (27, 7c) pour Colin
  • Chloé quant à elle préférera « The dark hour of reason » (27, 7c) avec un profil lui convenant plus.

A Bowen’s creek, moins de choix qu’à Bell, mais de belles lignes d’endurance verticales ou en léger dévers avec dans certaines voies des petits toits à passer.
On a particulièrement aimé

  • « 97% Fat Free » (25, 7b)
  • « Lloyds of the ring », (27, 7c)
  • « Navel aviator » (27, 7c)
  • et la belle arête de « Fuel my fire ». (27, 7c)

Abrité du vent, nous découvrons un autre petit secteur près de Blackheath dans lequel nous nous régalons, Logan Brae. Au soleil seulement le matin, nous nous motivons pour y aller tôt. « Alien signature » (23, 7a), « Vertical dementia » (24, 7a+), « Dr Stein » (25, 7b) et d’autres pour attaquer.

secteur Logan Brae

Chloe dans EIOIO, secteur Logan Brae

Avant d’aller dans « EIEIO » (28, 7c+) avec son célèbre DROP ZE KNEE… comme dirait le topo, que Colin enchaînera après plusieurs essais.
Le secteur doit son nom au verger de pommes voisin, Logan Brae Orchard. Si vous y êtes le week-end, il faut absolument aller tester leur petite tourte aux pommes chaude délicatement croustillante, accompagnée d’un jus de pommes épicé et chaud lui aussi, à déguster devant une belle vue.
Quand le vent s’est un peu calmé, nous en avons profité pour retourner du côté de Shipley. Chloé a mis les paires dans « Decodyfier » (29, 8a), mais assez incroyable, en y retournant deux jours plus tard, la moitié manquait ! Le « voleur » avait été sélectif, il n’avait pris que les paires neuves et laissés les anciennes. Jamais retrouvées…

Secteurs Shipley Upper et Lower, Centennial Glen et Porters Pass.

A côté de Blackheath, on retrouve les secteurs de couenne les plus populaires, avec par le même accès, Shipley Upper et Lower, Centennial Glen et Porters Pass.
En face de Shipley, le secteur Centennial Glen est le style opposé avec ses dévers. Nous avons beaucoup aimé « Wrong movements » (27, 7c) qui prend bien le soleil en cette période de l’année. Nous grimperons un peu dans la face principale, de belles voies comme « Paddington » (25, 7b) et « Ernest in Africa » (25, 7b), mais à l’ombre toute la journée, ce n’était pas le mieux pour nous.
Nous n’aurons pas eu le temps de grimper à « Wave wall » mais le mur donne bien envie avec notamment une des voies les plus connues des Blueys, « Tsunami » (29, 8a). Idem pour Porters Pass et les voies « Vanity case » (28, 7c+) et « Self portrait » (29, 8a).
Il y a tant à faire aux Blues Mountains qu’il nous fallait plus de deux semaines pour pouvoir tout explorer !
Nous avons fait uniquement de l’escalade sportive, mais il y a aussi de belles grandes voies, notamment au secteur Pierces Pass, et du trad de qualité, à Mount Piddington par exemple.
Mt York est un autre coin assez populaire parce qu’il regroupe pas mal de secteurs accessibles à pieds du camping gratuit où l’on peut faire des feux, mais nous n’y grimperons pas cette fois ci.
A la fin du séjour, la fatigue se fait sentir. Lors d’une belle journée à Bowen’s creek, Chloé ne s’échauffe pas bien et s’abime le poignet (ligament TFCC), il est temps pour elle de faire une pause.

Aurele, un ami parisien en voyage dans le nord de l’Australie en profite pour nous rejoindre. L’heure a sonné de quitter les Blueys..

Nowra le spot de couennes

secteur PC a Nowra

Colin au secteur PC a Nowra

Au sud de Sydney, près de la fameuse Jervis Bay, réputée comme ayant le sable le plus blanc du monde (selon le Guinness des records attention ;), se trouvent deux autres secteurs d’escalade : Nowra et Point Perpendicular.
Nowra est le spot de couenne par excellence ! C’est le premier site australien a avoir été équipé, offrant des voies courtes souvent assez bloc, sur du grès gris de qualité.
L’approche des secteurs ne dépasse jamais 5min, c’est équipé abondamment et il y a les dégaines dans la plupart des voies dures.
Les secteurs historiques sont situés proche de la ville, le long de la courbe formée par la Shoalhaven River. Pour notre première journée, pour attaquons par Thompsons Point, qui deviendra vite notre secteur préféré !
Il y a des voies très variées. Des faciles et de qualité comme

  • « Orca » (18),
  • Vanderholic » (18)
  • « Gun Barrel Highway » (19).

Des murs verticaux et techniques avec

  • « Buterfly » (24, 7a+)
  • « Concrete petunias » (28, 7c+).

De belles arêtes comme

  • « Still life with chalk bag » (26, 7b+),
  • « Beef cake » (27, 7c)

Du gros dévers avec par exemple

  • « Cowboy Junkie » (25, 7b)
  • « Top One Thommo » (27, 7c)

dans lesquelles Colin se régalera.  Le deuxième jour, Aurele et Colin se dirigent vers le secteur Bomaderry Creek Lower – South Central. Ils iront voir « Mega Mac » (25, 7b) mais le secteur leur plait moins. Les conditions ne sont pas idéales et le rocher est souvent poussiéreux. Ils préfèreront le secteur PC à Grotto, notamment « Trigga Nigga » (25, 7b), mais se concentreront majoritairement sur Thompsons Point.
Nous ne sommes allés qu’aux secteurs historiques du centre de Nowra, mais il existe d’autres secteurs à 40km au sud-ouest de la ville. Tianjara Falls serait un des meilleurs.
Le soleil était au rendez-vous pendant tout notre séjour à Nowra. C’est vraiment le spot parfait pour l’hiver. Situé au niveau de la mer, il fait une dizaine de degrés de plus qu’aux Blueys, le climat est doux et peu venteux.
Et si jamais vous n’aviez pas de chance et qu’il pleuvait, il est possible de grimper abrité sous les gros dévers.
Pour changer un peu de l’escalade sportive et péchue de Nowra, nous avons profité du week-end pour aller découvrir Point Perpendicular. En effet le site est sur une base militaire et n’est accessible qu’en fin de semaine. Soleil au beau fixe, falaises jaillissant au dessus de l’océan. On ne pouvait rêver mieux !

Point Perpendicular.

Ironbird, Point Perpendicular

La dernière fissure a main de Ironbird, Point Perpendicular

Point Perpendicular est situé sur la pointe de Jervis Bay, à 45min de Nowra, avec des falaises au dessus de l’eau, où l’on peut observer en assurant des dauphins et des baleines pendant leur migration.
Les voies sont d’une (longue) longueur, certaines sont équipées, d’autres uniquement sur carrot bolts*, mais nous préférons les longueurs en trad.
Ambiance garantie avec le bruit de l’océan sous nos pieds !
(*Les carrot bolts sont une spécificité australienne. Un point sort de la paroi mais il faut y rajouter une plaquette, bolt plate, pour fixer sa dégaine.)
Pour une première journée de découverte des lieux, on choisit Windjammer Wall. De longues envolées avec pas mal de fissures.
On se gare à côté du phare et on se dirige vers le haut des murs. Après quelques minutes dans la végétation, on arrive littéralement au dessus de l’eau, avec les faces qui tombent à pic.

Pour accéder aux pieds des voies, il faut descende en rappel… la plupart sur carrot bolts ! On arrive sur une grande terrasse d’où l’on peut rejoindre le départ de toutes les longueurs.
Nous avons commencé par « Grey mist » (17) et sa ligne de fissure évidente, bien complétée par de nombreuses aspérités autour.
Il y a un relais en haut de chacune des voies (même sur friends) ce qui permet au grimpeur de descendre en rappel, d’enlever les protections et que le second puisse lui aussi grimper en leader. C’est ce que nous avons fait pour pouvoir s’amuser chacun notre tour à poser les coinceurs pendant que Aurele nous prenait en photo.

La fissure offwidth de « Icebird » (19) nous faisait de l’œil et nous nous sommes ensuite élancés dans cette longue voie bien verticale. Pas de panique, la partie en offwidth est en fait assez relative, avec de bonnes protections dans le fond de la fissure, pas besoin de gros cams.
Nous terminons la journée avec « Hungry eyes » (23, 7a), nettement plus costaud. C’est le fight de fin de journée dans le crux avec son coincé de doigts assez humide.
Pour la dernière longueur, Chloé a cette fois grimpé en second pour gagner du temps et enlever toutes les protections, sans devoir remonter sur corde à la fin.
Nous n’aurons pas le temps de tester « Turning of te Tide » (22), une belle arête à trous que l’on nous avait conseillé
Cette journée était magique ! Il y a des voies majeures dans un cadre exceptionnel.
On a adoré ! Et on vous recommande vraiment d’y faire un tour pendant un séjour australien (même si vous ne grimpez pas).
Merci encore Aurele pour le temps passer sur la corde et les super photos !
Pour terminer la journée en beauté, nous sommes allés à Currarong où nous trinqué autour d’une bière devant un coucher de soleil rougeoyant magnifique, avec des pélicans.

chloe et colin en haut de la falaise

C’est la fin
Nous avons fini le voyage en retournant à Melbourne par la route côtière avec le van. Sur plus de 1000km, nous nous sommes arrêtés à différents points stratégiques pour admirer de magnifiques paysages et observer la faune sauvage. Nous avons particulièrement aimé Raymond Island avec ses koalas et echnidés, et Wilson Promontory National Park pour ses balades, belles plages et ses émeus et wombats.

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