Le Tsaranoro: un big wall de granite découverte de Madagascar
Le Tsaranoro: un big wall de granite découverte de Madagascar
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grimpe en afrique du sud

Chloé & Colin
par l’écume des parois
@ecumedesparois
insta > ecumedesparois

Step 2 : Madagascar !
Après leur premier séjour en Afrique du Sud, nous retrouvons Chloé et Colin qui ont quitté Johannesburg pour la capitale malgache, Antananarivo, alias Tana, avec comme objectif Le Tsaranoro. Pour atteindre ce big wall de granite tant convoité, il faut faire un long périple a travers Madagascar.

Arrivée à Antananarivo

Dés la descente de l’avion, les hordes de taxi nous sautent dessus, le chauffeur de notre hôtel nous ayant mis un plan, nous commencerons les négociations un peu plus tôt que prévu !
Nous passons une journée dans la capitale à arpenter les rues, et à prendre nos repères dans ce nouveau pays très dépaysant.

Dès les lueurs du matin, la musique est au plus fort, l’animation bat son plein, nous sommes samedi, et c’est le dernier week-end avant les élections présidentielles.
La ville est très vallonnée et les maisons colorées s’organisent sur les flancs, entre des ruelles pavées sinueuses où d’anciennes 2cv et R5 peintes en beige servent de taxis en se traînant dans les montées. Ce qui est frappant à Tana, c’est que malgré l’ampleur de la ville, il n’y a pas de grands axes.

Antananarivo vue de l'hutel

Vue sur Tana depuis notre chambre à l’hotel Niaouly, les jacarandas avec leurs fleurs violettes colorent la ville en ce début novembre.

Antananarivo Madagascar

Le Palais de la reine au sommet de la ville haute offre une vue imprenable jusqu’au lac. Le stade, en premier plan, est rempli d’une foule venue soutenir le candidat nº15, « Dada ».

Départ vers le Tsaranoro.

Le lendemain c’est le En . Premier trajet en taxi-brousse, nous avons opté pour une des seules compagnies malgaches installées : Cotisse. (Bien nous en a pris!)
Pour ce voyage de « luxe », départ 8h de Tana, puis direction Fianarantsoa (400 km, 10h), première étape pour la vallée du Tsaranoro.

Les routes sont longues à Madagascar, semées d’embuches et de nids de poules, les trajets prennent toujours plus de temps qu’escompté.
Ces heures à bord offrent tout le loisir de commencer à découvrir le pays. Les paysages sont magnifiques, des rizières et plantations verdoyantes aménagées autour de maisons de briques de terre crue se succèdent.

Fianarantsoa

Arrivée à Fianarantsoa vers 17h30, il est trop tard pour rejoindre Ambalavao comme espéré (les taxi-brousses ne circulent pas de nuit pour éviter les attaques, sauf en convoi). Nous passons la nuit chez Julienne et Patrick, un couple malgache qui fait chambre d’hôtes chez eux.
Lever tôt le lendemain et nous nous rendons à la gare routière pour trouver un taxi-brousse pour Ambalavao. Nous sommes assiégés de toutes parts, il faut trouver le taxi-brousse qui part le plus rapidement pour notre destination et négocier… pas évident quand on n’a pas l’habitude! Nous réglons plus du double du prix normal (1,6€ contre 0,8€… un peu énervé, on en rigole ensuite, c’est ça être un « vazah »), et nous montons à bord. Tout le monde se presse et s’entasse, jusqu’à 7 personnes se collent sur une banquette prévue pour trois, et les bagages sont ficelés sur le toit. On part enfin, bien serrés!

taxi brousse pour le Tsaranoro

Notre taxi brousse, le big bag et nos sacs à dos bien accrochés sur le toit, et nous entassés dedans.

Ambalavao

A Ambalavao, il faut changer de taxi-brousse pour Vohitsaoka, le village le plus proche de la vallée du Tsaranoro. Ce trajet étant peu parcouru, il n’y a que un ou deux taxi-brousses par jour, qui partent qu’une fois rempli. Nous attendons plusieurs heures que le notre soit fin prêt à partir. Il est agréable d’attendre à Ambalavao, le village est coloré, les malgaches très sympas et beaucoup moins pressants qu’à Fianarantsoa, et on parle avec tout le monde.

ambiance typique malgache

PMU et ambiance typique malgache en attendant le taxi brousse.

Vohitsaoka

Arrivée à Vohitsaoka, on y presque! Deux solutions s’offrent à nous : marcher 10km sur une mauvaise piste qui monte et qui descend avec nos 50kg de bagages, ou appeler le camp pour qu’on vienne nous chercher en 4×4… la décision fut vite prise sous le soleil accablant de la vallée.

Ces longues heures de voyage nous font parvenir au lieu tant convoité : le Tsaranoro !!

le Tsaranoro

Le Tsaranoro domine la vallée. Le potentiel de grimpe est énorme !

 

Le Tsaranoro de situe dans le parc national de l’Andringitra, au centre-sud de l’île. Les grands murs raides en granit à gros grains très compact offrent des grandes voies d’ampleur, qui lui valent sont surnom de « Yosemite africain » (par contre la grande majorité des voies sont équipées, très peu de trad) et nous avons hâte d’y poser nos chaussons EB.

big-wall a madagascar

Le sommet le plus haut est le Tsaranoro Be, avec ses 800m. Entouré à droite par le Tsaranoro Kely, le Tsaranoro Nord, le Karambony, le Lemur wall. Et à gauche par le Tsaranoro Atsimo, le Mitsinjoarivo, le Vatovarindry.

Camp le Tsarasoa

Enfin arrivés, nous nous installons dans un des trois camps de la vallée, le Tsarasoa, repère des grimpeurs!
Le lieu mérite le trajet ! Nous sommes tout de suite séduits par les maisons de terre aux formes variées, les malgaches souriants vivant sur place, et tout ça faisant face aux big walls du Tsaranoro. « Tsarasoa » signifie « joli camp » en malgache, le nom est bien trouvé !

camp au pied du tsaranoro

Notre petite maison. au camp

C’est Gilles Gautier, un grimpeur marseillais qui est à l’origine du camp, et il a développé une superbe initiative pour redynamiser toute la vallée. Une partie des bénéfices du camp sert au dispensaire, à l’école, à ramener l’eau et l’électricité dans les villages. Toute une action est menée pour reboiser, l’objectif pour cette année est de planter 35 000 arbres.

Après notre long voyage, nous n’avons qu’une envie… Grimper !

Nous commençons par aller voir « Pectorine » (6b, 7 longueurs) au secteur Lemur wall.
C’est une classique pour commencer à s’habituer au style du Tsaranoro, et la face est parmi la première à passer à l’ombre (vers 12h30). N’ayant pas choisi la meilleure période pour grimper au Tsaranoro, nous userons de toute les stratégies possibles pour grimper le plus possible à l’abris du soleil.

Autre classique le lendemain, la « Croix du sud » (6b, 8 longueurs) sur le Vatovarindry. Le ciel gronde mais nous laisse redescendre tranquillement.

escalade sur granite malgache

Premières sensations sur le granite malgache !

Out of Africa sur le Tsaranoro Kely (600m, 14 longueurs, 7a)

Après un jour de repos, ça y est nous nous attaquons à notre projet. La face nous fait de l’œil depuis notre arrivée.
La ligne est tout simplement magnifique! Merci Michel Piola et son équipe pour l’ouverture de ce petit bijou en 1998!
Nous avons enchaîné toutes les longueurs sans problème, la voie est très bien équipée. Seul bémol, nous avons souffert de la chaleur durant la matinée avant que la face ne passe à l’ombre.
Mais quelle joie de redescendre à pied du sommet dans une nature luxuriante peuplée de zébus, lémuriens et autres geckos sous un beau coucher de soleil orangé, et d’être accueillis au bar avec des bières fraîches et des cacahouètes cultivées et salées sur place… Bonheur !

out of africa tsaranoro

La magnifique voie « Out of Africa », grande classique du Tsaranoro.

au sommet du tsaranoro

Ça y est on est au sommet du Tsaranoro Kelly ! Le bonheur !

Les jours suivants, nous profitons un peu du camp : slackline, piscine naturelle, faire du pain frais avec Fali, jouer aux échecs avec Toavina, relire des classiques dans la grande bibliothèque, etc.
Et continuer inlassablement d’observer les faces grâce à la grosse jumelle en place.

repos a la terrase du bar au pied du tsaranoro

La terrasse du bar du camp Tsarasoa où il fait bon de chiller.

Le Tsaranoro Atsimo

Un nouveau projet nous fait envie ! Le nouveau big wall « Soava dia » ouvert par Arnaud Petit et le Roc aventure programme de la FFME en juin 2018 sur le Tsaranoro Atsimo. 17 longueurs (7c+ max) avec un confortable bivouac au milieu. La voie est à l’ombre à partir de 13h, ce qui offre la possibilité de grimper sur deux après-midi sans souffrir de la chaleur.
Nous voilà partis pour cette nouvelle aventure, voie commencée, toutes les affaires bien hissées dans le sac. Malheureusement, nous nous prenons la pluie et l’orage, il est difficile de continuer, nous redescendons. La pluie ne réduisant pas, nous rentrons au camp bien déçus.

Il ne nous reste plus qu’une journée avant le départ, nous ne pouvons retenter ce même itinéraire. Nous optons pour une autre voie, également sur le Tsaranoro Atsimo, « La via de las rubias » (500m, 9 longueurs, 7b+).
Quel bon choix! La voie est magnifique! Notre voie préférée du séjour même! Mention spéciale aux 3 dernières longueurs plus dures qui sont splendides. (C’est juste un peu dommage que la voie ne sorte pas au sommet.) Descente en rappel de nuit, priant pour que les cordes ne se coincent pas !
Descente en rappel de nuit, priant pour que les cordes ne se coincent pas.

big wall a madagascar

Le beau granite de « La via de las rubias » sur le Tsaranoro Atsimo.

Il est temps de répartir pour Tana, nous avons des étoiles plein les yeux, plein de projets, l’envie de revenir!

Direction le nord maintenant pour notre dernière semaine à Madagascar, autour de Diego-Suarez.

Diego-Suarez.

Les routes malgaches sont longues, le trajet en taxi-brousse pour Diego prend entre 24 et 36 heures, parfois jusqu’à une semaine en saison des pluies… Nous ne serons pas joueur à ce point, nous optons donc pour un trajet en avion (1h50) avec Air Madagascar, alias ‘Air cata’ ou ‘Air peut être’ selon les malgaches (heureusement nous n’aurons aucune mauvaise surprise).

L’escalade autour de Diego s’est bien développée il y a une quinzaine d’années autour de trois sites : la Vallée des Perroquets, la Montagne des Français et les îles de Nosy Hara. Les falaises calcaires offrent des voies à concrétions, à colonnettes et à trous.
Mais ce n’est plus ce que ça a dû être !

L’équipement est vieillissant avec des points défectueux, la majorité des voies à donc été fermée (les 180 voies de la Montagne des Français notamment).Et pour grimper, il faut impérativement passer par l’agence « New sea rock », qui pratique des tarifs élevés (entre 110€ et 160€ la nuit dans les seuls endroits autorisés) pour une qualité que nous n’avons pas trouvé à la hauteur.

La motivation pour l’escalade est tombée en désuétude… au profit de l’intérêt financier. Quel dommage ! Nous avons été très déçus.

colos de la vallée des Perroquets

Les belles colos de la vallée des Perroquets… Le potentiel est là, dommage qu’il ne soit plus exploité

La baie de Sakalava

Pour se remonter le moral, et ayant écumé la quarantaine de voies accessibles (dizaine dans le 7), nous finissons notre séjour à longer la côte est de Diego en moto.
Les plages paradisiaques aux eaux turquoises de l’océan Indien défilent. Qu’il est agréable de boire un jus frais sur la plage de Ramena en observant les pêcheurs, et de profiter d’une baignade dans la baie de Sakalava (spot mondial de kitesurf) avant de repartir vers Tana.

baie de Sakalava.

Dernier stop avant de quitter Madagascar : nous profitions du calme et la beauté de la baie de Sakalava.

Notre voyage à Madagascar a été très riche et dépaysant. L’escalade au Tsaranoro y est somptueuse et les malgaches sont très attachants et communiquent leur joie de vivre.
Le camp Tsarasoa est un petit paradis sur terre pour qui aime le granite et les toilettes avec vues sur les bigwalls. Nous n’avons qu’une hâte, c’est d’y retourner !

Next stop : le désert et les vallées rocheuses du sultanat d’Oman… tout un programme !

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