Escalade en Inde par Chloé et Colin
Escalade en Inde par Chloé et Colin
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grimpe en afrique du sud

Chloé & Colin
par l’écume des parois
@ecumedesparois
insta > ecumedesparois

Step 4 : L’Inde !
Au cœur du Karnataka, au sud de l’Inde entre Bangalore et Bombai, se trouvent les deux principaux spots d’escalade du pays : Hampi et Badami.
Ces deux destinations ont beau être situées dans la même région, elles sont complètement différentes. Bloc pour l’une, voie pour l’autre. Granite abrasif contre grès rougeoyant. Haut lieu touristique vs bourgade typique indienne.
Nous avons découvert deux lieux étonnants et complémentaires pour ce mois passé en Inde.

Début du périple : Badami…

Les superbes temples de Badami.

Les superbes temples de Badami.

Depuis Oman, nous avons pris un vol en direction d’Ahmedabad.
Colin y avait vécu plus d’une année et nous commençons notre immersion indienne dans cette grosse ville à revoir ses amis. Nous prenons ensuite un premier train de nuit pour Goa, puis un deuxième train jusqu’à Hubli, et un troisième train jusqu’à Badami.
« chai chai chai », les trajets sont bercés par les vendeurs, nombreux à passer dans les allées et crier les thés et autres mets qu’ils proposent. Nous traversons des paysages fantastiques, et il fait bon de s’asseoir sur le marche-pied du wagon pour les admirer défiler.

Sourires et couleurs en Inde.

Sourires et couleurs en Inde.

Enfin arrivés, nous apercevons tout de suite les falaises! La petite ville de Badami s’organise autour d’une grosse rue qui concentre toute l’agitation, l’activité et les bruits de klaxon des différents rickshaws et véhicules passants. Vendeurs ambulants, étals, petites boutiques et restaurants ponctuent cet axe sur un gros kilomètre. Et au fond se dressent de belles faces bien sculptées et rougeoyantes. Nous choisissons un hôtel un peu à l’écart du tumulte, le Mayura Chalukya, sur une rue perpendiculaire. Le lendemain matin nous partons vers le secteur Temple area.

Temple Area.

C’est là que se situe la mythique voie « Ganesh » (8b+) ouverte par Alexandre Chabot et répétée par Gérôme Pouvreau, dont la vidéo nous avait fait rêver. Trop exigeante pour nous, nous nous attaquerons à sa voisine « Samsara » (8a, peut être plutôt 7c+) dès le lendemain.

Samsara 8a

Samsara, notre projet en 8a.

A notre arrivée, les abords des falaises sont vraiment sales, de nombreux déchets en tout genre jonchent le pied des voies. Le lendemain, c’est avec joie que nous voyons arriver un groupe de grimpeurs indiens armés de gros sacs poubelle. Un clean up day est organisé et c’est une vraie réussite ! Quel bonheur de voir le site entretenu.

C’est à Badami que nous faisons les plus belles rencontres du séjour ! Ravi, grimpeur local dynamique à l’origine du clean up day. Rigzin et Sudhir, deux indiens venus du nord avec une bande de copains. Ingrid et Charlie, un couple grenoblois venus passer les vacances de Noël au sud de l’Inde.

Ingrid et Charlie.

Ingrid et Charlie.et les Sentinels

Nous passerons ensemble nos quatre jours à Badami, à se motiver en bas des voies, à échanger et à partager des bons moments. Et bonne nouvelle, tout le monde a prévu de poursuivre par Hampi.

Même en décembre, alors que c’est la période de l’année la plus fraîche, il fait déjà très chaud et il faut s’organiser pour grimper, d’autant plus que « Samsara » et « Ganesh » sont les premières voies à passer au soleil. Pour avoir une chance d’enchainer notre projet, il nous faut commencer très tôt, dès les premières lueurs du jour. Lever 5h30, un chai avalé sur le chemin, un muesli au pied de la falaise, petit échauffement, et c’est parti !
On réussit tous les deux à faire la voie, même Chloé après s’être fait mordre à la cheville par un chien errant… le vaccin contre la rage peut se révéler utile !

Badami est une belle découverte, typique, au cœur de l’Inde, avec de très belles voies. Également à Temple area, on a beaucoup aimé « Export reject » (7b+) et son jeté légendaire.

Export Reject à Temple Area

Export Reject et son magnifique jeté pour pimenter la fin de journée.

Le secteur Deluxe area est très bien aussi, avec de très belles voies comme « Honey moon » et « Surga and swali » (toutes les deux 7b), et surtout l’avantage d’être à l’ombre une grande partie de la journée !

Master Biscuit, le plus beau 6a de Badami.

Master Biscuit, le plus beau 6a de Badami.

Pour les jours de repos, les temples de Badami sont magnifiques et bien préservés. Il est agréable d’y déambuler et de s’y arrêter. Il y a donc de quoi faire à Badami entre les visites et la grimpe, mais quelques jours à dix jours semblent suffire car le tumulte de cette bourgade grouillante peut vite donner envie de changer d’air
.

Après ces premières escalades en Inde, il est temps de célébrer Noël !

Même loin de nos familles, nous souhaitions retrouver des proches et nous avions la chance d’avoir Mathilde et Elie, deux amis parisiens, installés pas loin depuis un an et demi. Après ces belles journées de grimpe à Badami, nous nous dirigeons au sud de Goa, vers Palolem, où nos deux amis ont rejoint la communauté « The Goa Tribe » pour construire un camp surélevé dans des cabanes de bambous.

Ils nous accueillent dans leur jungle luxuriante pour partager un merveilleux repas de Noël. Et à quelques minutes, de belles plages permettent de se prélasser les doigts de pieds en éventail à siroter des noix de coco.
C’était une belle parenthèse avant de continuer la suite du voyage.

C’est parti pour Hampi !

Les temples à Hampi.

Les temples à Hampi.

Loin de la fureur des grosses villes indiennes, Hampi est un haut lieu touristique caractérisé avant tout par ses nombreux temples et monuments, qui se mêlent aux roches granitiques millénaires.

Près de 3700 vestiges témoignent de la puissance du royaume hindou des Vijayanagar, l’un des plus vastes et des plus prospères de toute l’histoire de l’Inde, dont Hampi était la capitale.

Un bus de nuit nous conduit directement depuis Goa à Hampi, côté bazar. On se retrouve face aux deux imposantes tours du temple Virupaksha. La partie qui nous intéresse avec tous les blocs est de l’autre côté de la rivière, à Virupapur Gaddi. Un petit bateau permet de traverser d’une rive à l’autre. Et en arrivant tôt le matin, on assiste aux ablutions de l’éléphant sacré dans la rivière, entouré d’enfants et d’habitants qui se baignent, se lavent ou font leur lessive.

Dès l’arrivée sur l’« île » – bien que reliée à la terre, cette partie est appelée « Hampi Island » – on est subjugué par les blocs à perte de vue, et les rizières et palmeraies qui côtoient ces formations rocheuses.

L’immensité du lieu est saisissante. Les tons verdoyants de cette végétation luxuriante se mélangent aux teintes roses et ocres du granite.

Goan Corner.

On s’installe à Goan Corner, la guesthouse avec tous les grimpeurs, où l’on retrouve nos amis indiens et français de Badami.

Le soir même, on part grimper nos premiers blocs. Magnifique coucher de soleil et petite session nocturne pour une superbe première soirée. Nous découvrons le plateau et des blocs classiques comme « TV boulder » (7a) ou encore « Psychobloc » (6b+).

TV Boulder

Encouragement dans le TV Boulder à la tombée de la nuit.

Ici aussi il fait chaud, les journées s’organisent le plus souvent entre une session le matin et une session en fin d’après-midi. Et entre deux sessions de bloc, on se délecte de lassis, de noix de coco fraîchement cueillies, de naans sortis du four, et d’autres mets indiens en tout genre.

Durant ces premiers jours, nous visitons les blocs classiques tel que la « Double arrête » (7b), « Cosmic crimp » (6b+), « French traverse » (7a), « Indian winter » (7a) et notamment une arrête
mémorable : « 90° Edge » (7a).

La Double Arrête (7b).

La Double Arrête (7b).

Les sessions de bloc sont vites usantes pour le corps, le granite abrasif pour les doigts. Du repos s’impose. L’un de plus beaux monuments à explorer est le Vittala temple. La balade entre les différentes ruines pour relier le bazar au temple est sublime, avec de nombreuses architectures à l’effigie des divinités hindoues, aux précieux dessins gravés dans la pierre.

Le Vittala Temple à Hampi.

Le Vittala Temple à Hampi.

Ce qui est bien à Hampi, c’est l’ambiance et la vie sur place !
Nous sommes heureux de partager sessions de slackline, de waterline à la rivière, baignades au lac, cours de yoga, étirements, jeux de cartes et parties de dés, etc.
Merci Ingrid et Charlie pour tous les nouveaux jeux que vous nous avez appris, du « 10 000 » à la « Scopa » (à prononcer avec l’accent italien bien sûr).

Les couchers de soleil sont particulièrement beaux à Hampi. Au loin, perché et de blanc vêtu, on aperçoit le temple d’Hanuman, le dieu singe maître du vent. 570 marches permettent d’y accéder et d’avoir une vue imprenable. C’est magnifique au coucher du soleil pour s’imprégner de la douceur et la beauté des lieux.

Méditation, médecine ayurvédique et yoga font partie du paysage. Seul bémol, Hampi est très (trop) touristique, tout est aménagé pour les nombreux étrangers y séjournant, et il n’y a plus grand chose d’authentique.

Nous continuerons notre moisson de blocs jusqu’à n’avoir plus de pulpe au bout des doigts, en allant voir de beaux blocs comme « Access denied » (7a), « Hari’s traverse » (7a) et la dalle mythique « Cosmic friction » (6c) pour Chloé ; et « The Diamond » (debout, 7b), « Crystal ball » (7b), « Alien » (7b), « Goan Corner » (7c) pour Colin.

La magnifique arrête de Goan Corner (7c).

La magnifique arrête de Goan Corner (7c).

Même le dernier jour, nous n’avons plus la force de grimper… il est temps de partir après ces 15 jours inoubliables.

Badami et Hampi font parties de ces destinations que tout grimpeur se doit de visiter au moins une fois dans sa vie ! L’Inde est un pays qui ne laisse pas le voyageur indifférent, parfois c’est de l’agacement que nait la fascination…On y retournera c’est sûr !

Maintenant, direction Thaïlande et le célèbre spot d’Asie du sud-est, Tonsai…

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