Seb BOUIN réalise CHILAM BALAM, premier 9B pour lui
Seb BOUIN réalise CHILAM BALAM, premier 9B pour lui

9a+ pour seb boin

La difficulté se situe à la fin dans les derniers mètres, ce qui rend les essais infructueux hyper démoralisant. La section dure commence par des colos plates, puis par des remontées d’inverses pour finir dans la dalle de fin et ses terribles arquées. Avec 70 m de gros dévers dans les bras, vaincre cette dalle finale devient un exploit.

Voici quelques questions posées à Seb :

Ou se situe la difficulté? Comment gère-t-on un effort de cette ampleur? physiquement et surtout mentalement?

La difficulté de l’enchaînement se situe en haut dans les 8 derniers mètres qui te séparent du relais. Je suis tombé au total 3 fois en haut avant d’enchainer. Une fois mal calé, une fois en zippant et une fois au dernier mouve pour aller dans le bac final. Là t’attendent des petites arqués qu’il faut broyer.

Cette section est dure, mais ce n’est cependant pas le seul truc à gérer. En effet, déjà au tout début de la voie il y a un crux qu’il faut refaire à chaque fois en étant le plus décontracté possible. Ensuite il faut se taper des gros mouves physiques pendant 40 mètres. Le truc c’est qu’il faut les faire en dépensant le moins d’énergie possible. Il faut gérer la contradiction : ne pas tomber et dépenser le moins d’énergie possible pour ne pas être fumé la haut.

Comment gère-t-on, mentalement le risque de chute à la fin entre les essais et pendant l’essai?

Au niveau mental, cette voie paraît très dure au début. Comment gérer le fait que tu puisses tomber après 70 mètre d’escalade? Ou pire, tomber plusieurs fois et se retaper les 7O mètres à chaque fois? En effet la première fois que je suis arrivé là-haut dans l’enchainement c’était un exploit pour moi. Je me suis donc mis la pression pour ne pas tomber et ne pas refaire tout le bas. Du coup, j’ai explosé !!!

La pression a un effet néfaste sur moi et je la gère mal. Accepter le fait de pouvoir tomber là-haut m’a permis d’enchainer et de grimper comme dans une voie normale. Pour pouvoir forcer au max et rester lucide, il faut se détacher de l’objectif.

J’ai refait la section du haut un bon paquet de fois avant l’enchainement. J’ai finis par me dire : c’est comme une voie courte, il faut tout donner sans penser à l’enchainement. De plus, le fait de refaire le bas plusieurs fois m’a permis de le rentrer en routine. A la fin je n’avais plus de pression pour enchainer le bas, j’étais à chaque fois sure de le faire. Cela permet de bien se concentrer mentalement sur le haut. Pour gérer le risque de chute, je ne pensais plus à l’enchainement de la voie, mais juste à la section du haut.

Que penses-tu de la cotation de Chilam Balam?

« Adam ONDRA » a proposé 9B. C’est difficile de se prononcer mais je pense plutôt à 9a+/9B

Quels sont les prochains projets?

Prochain projet : « jamais deux sans toit » ( 9a+ ) à « Mollans », une voie que j’ai équipée. C’est la base de la base. Et après cet été, peut-être un tour en Norvège. A voir, et plein d’autre voies…